Acompte, situation, retenue de garantie : bien facturer un chantier
Sur un chantier qui dure, on ne facture pas tout à la fin. Acompte, factures de situation, retenue de garantie : voici les bons réflexes pour protéger votre trésorerie.
1. La facture d'acompte : sécuriser le départ
Avant de commencer, il est courant — et prudent — de demander un acompte (par exemple 30 % à la signature). Cela finance l'achat des matériaux et engage le client.
Dès qu'un acompte est encaissé, vous devez émettre une facture d'acompte (et non un simple reçu). Elle reprend les mentions habituelles et sera déduite du montant final. Avec la réforme, la facturation des acomptes se généralise et se contrôle : mieux vaut la faire proprement dès maintenant.
2. Les factures de situation : facturer l'avancement
Pour un chantier long, on facture au fur et à mesure de l'avancement : ce sont les factures de situation. Chaque mois (ou à chaque étape), vous facturez le pourcentage réellement réalisé.
L'intérêt est double : vous rentrez de la trésorerie régulièrement, et le client paie au rythme du travail effectué, ce qui évite les mauvaises surprises de part et d'autre. Chaque situation s'appuie sur la précédente pour ne facturer que le nouvel avancement.
3. La retenue de garantie : ce que le client peut retenir
Sur les marchés de travaux, le client peut conserver une retenue de garantie de 5 % maximum du montant, pour couvrir d'éventuelles malfaçons. Elle est libérée un an après la réception des travaux, une fois les réserves levées.
Bon à savoir : cette retenue peut être remplacée par une caution bancaire, ce qui vous permet d'encaisser l'intégralité tout de suite. La retenue de garantie est encadrée par la loi (loi du 16 juillet 1971).
4. Le solde et l'avoir
À la fin du chantier, la facture de solde reprend le total, déduit les acomptes et situations déjà facturés, et fait apparaître la retenue de garantie s'il y en a une. Si vous devez corriger une facture déjà émise, on ne la supprime pas : on émet un avoir.
5. Les bons réflexes
- Acompte à la signature pour engager le client et financer les matériaux.
- Situations régulières sur les chantiers longs, pour la trésorerie.
- Anticipez la retenue de garantie (ou proposez une caution) dès le devis.
- Numérotation continue et mentions à jour sur chaque document.
Cet article a une visée d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique ou comptable individualisé. Les règles peuvent varier selon les marchés (privé, public) : au besoin, rapprochez-vous de votre expert-comptable.